Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 19:38

17 Nissan

 

Likoutei Amarim Chapitre 41

 

[ Au cours des précédentes études RS’Z a souligné l’importance de l’amour et de la crainte dans le service divin du juif. En effet, c’est en vertu de cette crainte que les Mitsvot du juif s’élévent vers les dix Séfirot, les attributs divins des mondes supérieurs. Dans le présent chapitre RS’Z explique que la crainte est le fondement du service divin du juif. Bien que l’amour pour Dieu le pousse à accomplir les commandements divins, ceux-ci doivent néanmoins être imprêgnés d’une certaine mesure de crainte. Car le terme Avodah, le service, implique une analogie avec le service de l’esclave qui sert son maitre, un service empli de crainte. La crainte de Dieu est donc le commencement du service divin.

 

[ Comme mentionné dans la page de présentation du Tanya, ce travail est basé sur le verset : "Car  cette chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton coeur, afin que tu la mettes en pratique". Ceci signifie que celui qui observe la Torah et les Mitzvot avec son coeur, avec un amour et une crainte de Dieu, est « très proche de » - dans l'extension simple. 

Le Alter Rebbe a consacré les vingt-cinq premiers chapitres de son travail à une explication du rôle de l'amour et de la crainte (peur) dans le service divin d'un juif.  Il a également expliqué comment ils peuvent être aisèment atteints.

 

C'est l'amour de Dieu, a écrit le Alter Rebbe, qui motive l’homme à accomplir toutes les Mitzvot positives. Afin qu’un juif les accomplisse correctement et ardemment il doive être imprégné d'amour pour Dieu et d’un désir de s’unir à Lui, parce que la réalisation des Mitsvot lui permet de s’unir à Dieu.

 

 De même, la crainte de Dieu se trouve à la racine de son observance des Mitzvot négatives:  quand l’homme se tient dans la crainte et la peur véritables de Dieu, il s'abstiendra de transgresser, et de se rebeller de ce fait contre Dieu. 

Dans les derniers chapitres le Alter Rebbe a expliqué que l'amour et la crainte sont les ailes qui élèvent ses Mitzvot, les élevant jusqu’aux Sefirot des mondes supérieurs. 

 

Réciproquement, les Mitzvot accomplies sans intention spirituelle stimulée par l'amour et la crainte de Dieu, sont comparées à un corps privé de son âme. Au chapitre 41, le Alter Rebbe continue maintenant pour remarquer que la crainte de Dieu est le commencement et le noyau du service divin. 

 

C'est vrai non seulement  en ce qui concerne les préceptes négatifs, mais également en ce qui concerne les préceptes positifs. 

Alors qu'il est vrai que l'amour de Dieu motive son observance des commandements positifs, néanmoins, l'observance de ces commandements doit aussi être imprêgnée par une certaine mesure de crainte.  Car la Avodah ("le service divin") implique une analogie avec la façon dont le Eved ("esclave-domestique") sert son maître – un service avec crainte. 

 

La crainte de Dieu est donc le commencement et le soutien principal du service spirituel ]. 

 

 

Chapitre 41: La crainte de D.ieu constitue la base et l'essentiel du service divin, et bien que ce soit par l'amour que l'on ressent pour Lui que l'on accomplit l'ensemble des 248 Mitsvot positives, l'amour seul ne peut suffir. En effet, il est indispensable d'éveiller en soi, tout au moins, un niveau minimal de crainte de D.ieu car le service du Créateur doit se faire comme un serviteur sert son maître: avec crainte.

 

ברם צריך להיות לזכרון תמיד ראשית העבודה ועיקרה ושרשה

Il faut néanmoins toujours avoir à l’esprit ce qu’est le commencement du service [divin], comme sa source et sa racine. 

 

והוא: כי אף שהיראה היא שרש לסור מרע, והאהבה לועשה טוב

Ceci signifie:  même si la crainte est la racine de "détourne toi du mal" (l’observance des 365 interdits de la Torah) et si l'amour [est la source de] "fais le bien", (l’observance des 248 commandements positifs)

 

[en d’autres termes, la crainte à l’égard de Dieu est ce qui incite fondamentalement l’homme à s'abstenir du mal et à ne pas transgresser les préceptes négatifs, alors que l'amour de Dieu est ce qui motive fondamentalement l’homme à réaliser de bonnes actions et des commandements positifs],

 

אף על פי כן לא די לעורר האהבה לבדה לועשה טוב

néanmoins, il n'est pas suffisant d’éveiller l'amour seulement pour "faire le bien",

ולפחות צריך לעורר תחלה היראה הטבעית המסותרת בלב כל ישראל, שלא למרוד במלך מלכי המלכים, הקב״ה, כנ״ל

mais au moins, [avant d'accomplir un commandement positif], un homme doit  éveiller d'abord la crainte innée qui réside à l’état latent au coeur de chaque juif. Cette crainte qui consiste à ne pas se rebeller contre le suprême Roi des rois, le Saint Béni Soit-Il, comme cela a été énoncé ci-dessus,

שתהא בהתגלות לבו, או מוחו על כל פנים

de sorte que [cette crainte] soit manifeste en son coeur ou, au moins, en son esprit. 

 

[Cela veut dire que de façon optimale, le juif devrait pouvoir créer un sentiment de crainte en son coeur par la méditation sur la Grandeur de Dieu. 

 

Si, cependant, ceci s'avère être au delà de ses capacités, il devrait au moins éveiller la crainte innée qui se trouve cachée en son coeur.  Ce degré de crainte est possible à tous, puisqu'il n'exige pas une telle méditation profonde. 

 

Cette crainte innée peut être éveillée soit

a-       à un tel degré qu'elle est réellement ressentie en son coeur, ou

b-       si l'individu est incapable d'évoquer la crainte manifeste en son coeur, il pourra au moins élever sa crainte innée en son esprit, de sorte qu'il puisse être en mesure d’appréhender et d’éprouver la crainte de Dieu intellectuellement]. 

 

דהיינו להתבונן במחשבתו על כל פנים גדולת אין סוף ברוך הוא ומלכותו

Ceci signifie [que pour réveiller en lui-même la dernière catégorie de la crainte] il devrait contempler au moins en son esprit la grandeur du Ein-Sof infini divin béni et sa Royauté.

 

[Pour éveiller la première catégorie de la crainte, celle qui est palpable et ressentie au coeur, un homme doit engager son Daat dans la méditation profonde. Celui qui ne peut faire ainsi doit contempler, au moins superficiellement, la grandeur de Dieu]: 

 

אשר היא מלכות כל עולמים עליונים ותחתונים

qui s’étend à tous les mondes, supérieurs et inférieurs, [considérant que plus la domination du roi est grande, plus l‘est la crainte qu'il inspire à ses sujets] ;

ואיהו ממלא כל עלמין

et [lui fait considèrer alors que] "Il emplit tous les mondes", [les animant avec une force vitale que les êtres créés peuvent expérimenter et comprendre],

וסובב כל עלמין

"et enveloppe tous les mondes", [c.-à-d., Il les anime également avec une force vitale qui transcende l'expérience et la compréhension des êtres créés],

וכמו שכתוב: הלא את השמים ואת הארץ אני מלא

comme il est écrit:  [1] "N’emplis-Je pas le ciel et la terre?" 

 

ומניח עליונים ותחתונים

Pourtant, Il laisse de côté [les créatures des mondes] inférieurs et [les créatures de mondes] supérieurs. 

 

[Ni les créatures supérieures, ni les inférieures ne représentent l'intention finale du Créateur. Il n'accorde donc pas Sa Royauté sur elles, de sorte qu'il s'appelle leur Dieu et leur Roi ; plutôt]: 

 

ומייחד מלכותו על עמו ישראל בכלל, ועליו בפרט, כי חייב אדם לומר: בשבילי נברא העולם

Il accorde uniquement sa Royauté sur son peuple Israël, en général - [car Dieu est connu en tant que "Roi d'Israël"] - et sur lui en particulier, parce qu’un homme est obligé de dire:  [2] "c’est dans mon intéret que le monde a été créé." 

 

[Un juif doit se rappeler que le but entier et l'intention ultime de la création, à savoir, la souveraineté de Dieu, se rattache à lui en particulier, que Dieu est devenu Roi sur sa personne. 

Ce n'est aucunement une hyperbole seulement. Puisque les personnes juives constituent collectivement un corps complet constitué en différents organes, il s’en suit que si même un juif - un organe particulier - est endommagé, alors le corps entier, même le chef, est aussi bien endommagé. 

De même en ce qui concerne Dieu accordant sa Royauté sur tout Israël:  si un juif solitaire s'isole dans cette matière, ceci affectera le corps entier des personnes juives.

 

Le fait que Dieu accorde sa Royauté à chaque individu en particulier touche une corde sensible à l’intérieur de l’homme;  il est alors plus apte à se demander des choses à lui même que d’accepter le joug divin]. 

 

והוא גם הוא מקבל עליו מלכותו, להיות מלך עליו, ולעבדו ולעשות רצונו בכל מיני עבודת עבד

Et celui qui accepte sa Royauté sur lui-même, accepte aussi qu'il soit Roi au-dessus de lui, pour le servir et faire Sa Volonté dans toutes sortes de travail servile. 

 

[Cette acceptation du joug du service divin est exigée de tous les juifs. 

 

Le Rebbe Shlita précise que RSZ continue maintenant d’expliquer que la méditation ci-dessus - destinée à éveiller la crainte innée en son esprit - ne suffit pas:  un individu doit également se rendre compte que Dieu accorde non seulement sa Royauté sur lui d'une façon générale, mais qu'il le fait également d’une façon personnelle (pour ainsi dire). Dans les mots de Rabbi Schnéour Zalman]: 

 

והנה ה׳ ניצב עליו, ומלא כל הארץ כבודו, ומביט עליו

"Et, contemplez, Dieu [Lui-même] se tient au-dessus de lui", [3] et "le monde entier est empli [seulement ] avec Sa Gloire", et [non seulement, étant Omniprésent, Il voit tout, mais par ailleurs] Il le sonde en particulier,

 

ובוחן כליות ולב אם עובדו כראוי

et Il scrute ses reins et son coeur [c.-à-d., ses pensées et émotions les plus secrètes, pour voir] s'il le sert Lui comme il se doit. 

 

ועל כן צריך לעבוד לפניו באימה וביראה כעומד לפני המלך

Par conséquent, l’homme doit servir en Sa Présence avec la crainte et la peur [c.-à-d., note le Rebbe Shlita, pas simplement comme un homme qui est situé dans le domaine du Roi, mais d'ailleurs] comme une personne se tenant devant le Roi. 

 

ויעמיק במחשבה זו, ויאריך בה כפי יכולת השגת מוחו ומחשבתו, וכפי הפנאי שלו

Il faut méditer profondément et longuement sur ce concept, selon la capacité d'appréhension de son cerveau et de sa pensée, et selon son temps disponible [pour se consacrer à cette contemplation ; 

Cette fois étant]: 

לפני עסק התורה או המצוה, כמו לפני לבישת טלית ותפילין

avant qu'il ne s'engage dans [l'étude de] la Torah ou [l'accomplissement des] commandement, comme avant de mettre son Talit ou ses Téfillin.

 

[Cette méditation lui permettra de servir alors Dieu avec un sentiment de crainte à Son égard. 

Le Alter Rebbe va maintenant expliquer une autre forme de méditation.

A la différence des pensées ci-dessus qui devraient être un préalable au service divin en général, cette méditation se relie à la Mitzvah particulière que l'individu est sur le point de réaliser - à la teneur de cette Mitzvah, de son effet distinctif, et de son influence sur son âme ]. 

 

Notes: 

1/ Yirmeyahu 23:24. 

2/ Sanhedrin 4:5. 

3/ Bereishit 28:13.

 

18 Nissan

 

Dans la précédente étude RSZ a expliqué que la crainte est le fondement du service divin d’un juif.

Ce dernier ne doit donc pas se contenter d’être animé par un sentiment d’amour pour Dieu dans son observance des commandements, mais également s’appliquer à méditer sur le fait que HM - dont la Grandeur est infinie - dispense sa Royauté sur le peuple d’Israël, et sur chaque juif en particulier. Dans la présente étude, RSZ décrit une autre forme de méditation, moins générale, où le juif réfléchit au contenu de chaque Mitsvah, de son effet et de son influence sur l’âme.

 

וגם יתבונן איך שאור אין סוף ברוך הוא, הסובב כל עלמין וממלא כל עלמין, הוא רצון העליון

L’homme doit également réfléchir à la façon dont la lumière de l’infini divin-  Ein Sof béni Soit-Il -enveloppe et pénètre tous les mondes, et qui est identifiée à la Volonté Suprême,

הוא מלובש באותיות וחכמת התורה

est revêtue des lettres et de la Sagesse de la Torah. 

 

[ les chapitres précédents ont montré que la Volonté Divine est la source de la force vitale qui anime tous les mondes, à la fois dans un mode transcendental et dans un mode immanent par infiltration-pénétration.] 

 

Dans les lettre de la Torah que la personne prononce et dans la sagesse de la Torah qu'il comprend, la volonté de Dieu doit être trouvée. Comme expliqué au chapitre 4, la Volonté Divine s'est revêtue de l'encre et du parchemin du rouleau de Torah, et s’est habillée pareillement avec la sagesse de la Torah. Ainsi, quand la sagesse de la Torah détermine qu'un certain objet est soit kasher soit impropre, elle exprime la Volonté Divine. 

En conséquence, avant qu'une personne débute son étude de la Torah, elle doit évaluer comment la lumière du Ein-Sof -la volonté divine - est investie dans les lettres et la sagesse de la Torah qu’il est sur le point d’étudier],

 

או בציצית ותפילין אלו

ou, [si sa méditation a lieu avant qu'il ne mette son Talit et ses Téfilin, il doit contempler comment la Volonté Divine est revêtue] dans ces Tzitzit et ces Téfillin, [cela étant la Volonté Divine qu'un juif les portent],

ובקריאתו או בלבישתו

et par sa récitation [ou son étude de Torah], ou par ce qu’il porte [Tzitzit et Téfilin],

-הוא ממשיך אורו יתברך עליו, דהיינו על חלק אלוה ממעל שבתוך גופו

il attire sur lui Sa lumière bénie, c.-à-d., sur la "partie divine d’en-haut" - [son âme] - qui demeure dans son corps, [et l'anime]. 

ליכלל וליבטל באורו יתברך

[Il fait ainsi avec l'intention] de sorte qu’il soit absorbé et annulé dans sa lumière bénie. 

 

[l'intention de l'individu, alors, est que l'étude et l'accomplissement mentionnés ci-dessus ont un effet sur son âme. En particulier comme cela sera bientôt expliqué, les facultés intellectuelles et émotionnelles de l'âme sont affectées par le port des Téfilin]. 

 

ודרך פרט בתפילין, ליבטל וליכלל בחינת חכמתו ובינתו שבנפשו האלקית בבחינת חכמתו ובינתו של אין סוף ברוך הוא, המלובשות דרך פרט בפרשת קדש, והיה כי יביאך

Spécifiquement, au moyen des Téfilin, [il doit prévoir que] les attributs de la sagesse et de la compréhension qui sont dans son âme divine, devraient être annulées et absorbées dans les attributs de sagesse et de compréhension du Ein-Sof béni, ceux-ci étant revêtus, en particulier, dans les  passages de Kadesh et Vehayah ki yeviacha.  [4]

 

[Dans ces passages, lesquels se trouvent tous deux dans les Téfilin, la sagesse (‘Hokhmah) et la compréhension (Binah) de Dieu sont revêtues des passages de la Torah placés dans les Téfilins, la sagesse pour le premier et la compréhension pour le dernier. Par la pose des Téfilin, les facultés intellectuelles de l’homme - la sagesse et la compréhension de l'individu – se fondent dans celles de Dieu.  Comment cela s’exprime-t’il ?]

 

דהיינו שלא להשתמש בחכמתו ובינתו שבנפשו בלתי לה׳ לבדו

C'est-à-dire, que l’homme devrait employer la sagesse et la compréhension qui sont en son âme, pour Dieu seulement -  [les mettre au service seulement de l’étude de la Torah et des Mitzvot, et pour comprendre le divin].

 

וכן ליבטל וליכלל בחינת הדעת שבנפשו, הכולל חסד וגבורה שהן יראה ואהבה שבלבו

De même, [il doit prévoir que] l'attribut de Daat [le troisième des trois composants du Sékhel - l’intellect] dans son âme, qui inclut le ‘Hessed [la bonté] et la Gevourah [la sévérité], c.-à-d., la crainte et l’amour en son coeur,

 

[ L'attribut de Daat comporte la bonté et la sévérité étant donné que ces attributs existent à un niveau intellectuel.  D'ailleurs, de même que cela est expliqué à la fin du chapitre 3, la méditation profonde et intense qui caractérise le niveau de Daat créé réellement l'amour et la crainte, en tant qu’ils existent indépendamment à un niveau émotionnel.  Cette faculté de Daat, alors, devrait]

 

בבחינת דעת העליון, הכולל חסד וגבורה, המלובש בפרשת שמע, והיה אם שמוע

être annulée et absorbée dans l'attribut de la connaissance suprême - Daat HaElyon - qui comporte la bonté et la sévérité, et qui est revêtu des passages de Shema et Vehayah Im Shamoa.

[Les 2 derniers passages des parchemins des Téfilin.]

 

והיינו כמו שכתוב בשולחן ערוך: לשעבד הלב והמוח כו׳

 

Ceci s'accorde avec la déclaration du Shoulkhan Aroukh, [5] [qui dit que lors de la pose des tefillin un homme devrait avoir l’intention de] " rendre son coeur et son cerveau soumis à Dieu" .

 

[ de cette façon alors, l'âme divine dans sa globalité, et ses facultés intellectuelles et émotionnelles en particulier, sont affectés par le port des Téfilin]. 

 

ובעטיפת ציצית יכוין כמו שכתוב בזהר, להמשיך עליו מלכותו יתברך

Et lors de la pose des Tzitzit un homme doit considérer ce qui est écrit dans le Zohar, à savoir, qu'il doit attirer sur lui-même Sa Royauté Bénie,

אשר היא מלכות כל עולמים וכו׳ ,לייחדה עלינו על ידי מצוה זו

qui est le royaume au-dessus de tous les mondes;  [néanmoins, [6] nous devrions prévoir de ] concentrer [la royauté divine] spécifiquement sur nous-mêmes, au moyen de ce commandement [des Tsitsit. Car le commandement des Tzitzit est singulièrement efficace à augmenter l’acceptation du joug du ciel]. 

 

C'est semblable [au commandement]:  "vous placerez sûrement un roi au-dessus de vous-même."  [7]

 

[Le Rebbe Shlita note:  Le verset implique [8] qu'avant qu'un homme place un roi au-dessus de lui, il n'avait aucun roi, et c'est lui-même qui place maintenant le roi au-dessus de lui].

 

ואזי אף אם בכל זאת לא תפול עליו אימה ופחד בהתגלות לבו

Dans un tel cas, [c.-à-d., après avoir contemplé ce sujet], alors: même si aprés toute cette [méditation] aucune crainte ou aucune peur ne descend sur lui d'une façon manifeste en son coeur,

מכל מקום מאחר שמקבל עליו מלכות שמים וממשיך עליו יראתו יתברך בהתגלות מחשבתו ורצונו שבמוחו

néanmoins, puisqu’il a accepté le royaume du ciel sur lui, et qu’il atttire sur lui la crainte de Dieu dans sa pensée consciente et dans sa volonté rationnelle,

וקבלה זו היא אמיתית בלי שום ספק, שהרי היא טבע נפשות כל ישראל שלא למרוד במלך הקדוש יתברך

et que cette soumission [envers Dieu et sa crainte de Lui] est sans l’ombre d’un doute sincère - car c’est la nature de toutes les âmes juives de ne pas se rebeller contre le Roi Saint béni –

הרי התורה שלומד או המצוה שעושה מחמת קבלה זו ומחמת המשכת היראה שבמוחו נקראות בשם עבודה שלימה

alors, la Torah qu'il étudie ou le commandement qu’il accomplit, en raison de sa soumission au joug divin et en raison de la crainte qu'il a acquis en son esprit, sont appellé un "service parfait" [qui peut résulter seulement d'une crainte de Dieu, car comme le Alter Rebbe va bientôt l’indiquer],

ככל עבודת העבד לאדונו ומלכו

comme le service [effectué par] d’un esclave envers son maître ou son roi, [qui est, naturellement, incité par la crainte et la peur.] 

 

[Tout ceci peut être accompli en éveillant - même seulement en son esprit - au moins un niveau minimal de crainte, et en l'utilisant dans l'étude de la Torah et l'accomplissement des commandements]. 

 

מה שאין כן אם לומד ומקיים המצוה באהבה לבדה כדי לדבקה בו על ידי תורתו ומצותיו, אינה נקראת בשם עבודת עבד

D'autres parts, si l’homme étudie [la Torah] et accomplit un commandement par amour seulement, afin de s’unir à Lui par [l'étude de] sa Torah et [l'accomplissement de] Ses commandements, alors  ceci n’est pas qualifié de "service d'un serviteur,"

והתורה אמרה: ועבדתם את ה׳ אלקיכם וגו׳ ואותו תעבודו וגו׳

alors que la Torah a déclaré:  [9] "vous servirez (vaavadetem) l’Eternel votre Dieu....c’est Lui que vous servirez..."  [Ce verbe est apparenté avec le nom Eved (domestique ou esclave), et signifie le service motivé par la crainte et la peur de Dieu ; et il est écrit de même]: [10] "c’est Lui que vous servirez (taavodu)...." 

 

וכמו שכתוב בזהר פרשת בהר : כהאי תורא דיהבין עליה עול בקדמיתא, בגין לאפקא מיניה טב לעלמא כו׳, הכי נמי איצטריך לבר נש לקבלה עליה עול מלכות שמים בקדמיתא כו׳, ואי האי לא אשתכח גביה לא שריא ביה קדושה כו׳

Comme cela est expliqué dans le Zohar (Parshat Behar):  "tout comme le taureau sur lequel on place un joug afin de le rendre utile par le monde... ainsi également l’être humain doit-il d'abord se soumettre au joug du royaume du ciel... et seulement ensuite s'engager dans le service divin;  et si celle-ci [cette soumission] ne se trouve en lui, la sainteté ne peut pas résider à l’intérieur de lui...." 

 

[L’amour seul n’est donc pas suffisant.]

 

וברעיא מהימנא שם דף קי״א עמוד ב׳, שכל אדם צריך להיות בשתי בחינות ומדריגות

Et (dans le Ra'aya Mehemna, ibid., 111b) il est écrit que chaque homme doit [dans son service divin] participer de deux catégories et niveaux,

והן בחינת עבד ובחינת בן

à savoir, la catégorie du serviteur, [qui sert son maître emplit de  crainte], et à la catégorie d'un fils, qui sert son père empli d’amour. 

 

ואף דיש בן שהוא גם כן עבד, הרי אי אפשר לבא למדריגה זו בלי קדימת היראה עילאה, כידוע ליודעים

Et bien qu'il existe un fils qui soit également un serviteur (c.a.d. un homme qui sert Dieu simultanément comme un serviteur et comme un fils), il est impossible d’atteindre ce niveau sans le préliminaire [du niveau supérieur] de crainte connue sous le nom « Yirah ila'ah », comme le savent les initiés. 

 

[La crainte est donc une qualité requise dans le service divin du juif. Faute de celle-ci, son service divin n’est pas qualifié par la Torah de « service ».]

 

[Il est clair de tout ce qui précède que même si un homme aime Dieu, mais que la crainte à Son égard manque, son travail spirituel ne sera pas qualifié par ce que la Torah appelle la Avodah, le service divin.  Et s’il échoue dans ses tentatives d’éveiller une crainte de Dieu en son coeur, il doit au moins éveiller ce sentiment de crainte et de peur en son esprit]. 

 

Notes:

4/comme expliqué longuement dans les discours sur les tefillin dans le Pri Etz Chayim;  Siddur (édition avec des discours chassidic);  Imrei Binah;  etc..."  (- commentaire par le Rebbe Shlita.)

5/ Orach Chayim 25:5.

6/ "comme expliqué au début du chapitre."  (- commentaire par le Rebbe Shlita.)

7/ Devarim 17:15.

8/ voir le Likkutei Torah, Masei 90d.

9/ Shmot 23:25.

10/ Devarim 13:5.

 

 

19 Nissan

 

[Dans la précédente étude, RSZ a montré que le service divin d’un juif n’est qualifié de Avodah - de véritable service - que s’il est inspiré d’un sentiment de crainte. Même s’il est inspiré par un sentiment d’amour pour Dieu, il doit au moins s’efforcer d’éveiller un sentiment de crainte, en son esprit tout du moins. Toutefois, qu’en est-il pour l’homme qui se trouve dans l’impossibilité d’éveiller même un sentiment de crainte intellectuelle de Dieu ? 

Rabbi Schnéour Zalman explique dans la présente étude, qu’étant donné que cet individu, lui aussi, médite sur les concepts mentionnés ci-dessus, (l’immanence divine) et, qu’en outre, qu’il est de son intention pendant l'étude de Torah et de l'accomplissement des Mitzvot de servir Dieu, ceci consitue donc, à son niveau, une authentique forme de service divin]. 

 

והנה אף מי שגם במוחו ומחשבתו אינו מרגיש שום יראה ובושה

En outre, même dans le cas d'un individu qui ne ressent dans son esprit et sa pensée ni crainte ni honte,

 

[c.-à-d., un individu qui n'est pas affecté par sa contemplation de Dieu en accordant uniquement sa royauté sur lui, et qui de plus, n'est pas affecté par la considération que Dieu le scrute pour savoir s'il le servira],

מפני פחיתות ערך נפשו ממקור חוצבה ממדריגות תחתונים די׳ ספירות דעשיה

[c'est] à cause de la catégorie limitée de son âme, provenant des degrés inférieurs des dix Sefirot du monde de Assiyah.

אף על פי כן מאחר שמתכוין בעבודתו כדי לעבוד את המלך, הרי זו עבודה גמורה

Néanmoins, puisqu'il est attentif dans son service à servir le Roi, c'est sans équivoque un service authentique et complet.

 

[L'âme de cet individu dérive de Assiyah, le plus bas des quatre mondes. D'ailleurs, dans ce monde lui-même, il provient des plus bas degrés des Dix Sefirot qui le composent. Puisque son âme provient d'un niveau si modeste, il la trouve incapable de manifester une sensibilité à Dieu, pour éprouver même une simple crainte intellectuelle de Dieu].

 

כי היראה והעבודה נחשבות לשתי מצות במנין תרי״ג, ואינן מעכבות זו את זו

Car la crainte et le service sont comptés comme deux commandements distincts du total des 613, et ils ne s'excluent pas l’un l’autre. 

 

[Ainsi bien que cet individu n'accomplisse pas le commandement de craindre Dieu, parce que la crainte doit être ressentie en son coeur, ou pour le moins en son esprit, il peut ainsi néanmoins accomplir le précepte du service divin en étudiant la Torah et en accomplissant les commandements avec l'intention qu'il sert de ce fait Dieu, son Roi. 

 

Après que tout ceci ait été dit, RS’Z déclare maintenant, que bien que cette personne n'éprouve pas la crainte, même en son esprit seulement, pourtant puisqu'elle pense à ces idées qui doivent évoquer la crainte, elle accomplit le commandement de craindre Dieu]. 

 

ועוד, שבאמת מקיים גם מצות יראה במה שממשיך היראה במחשבתו

De plus, [elle s'acquitte non seulement de l’obligation du service], il accomplit également le commandement de la crainte [de Dieu] en se pénêtrant de la crainte en sa pensée - [en y pensant et en cherchant à l’éveiller],

כי בשעה ורגע זו, על כל פנים, מורא שמים עליו, על כל פנים כמורא בשר ודם הדיוט לפחות, שאינו מלך, המביט עליו

car à cette heure et à ce moment, en tout cas, là repose sur lui la crainte du ciel, au moins comme la crainte en présence d'un mortel ordinaire, qui n’est pas même un roi, et qui l'observe,

שנמנע בעבורו מלעשות דבר שאינו הגון בעיניו

il s'abstiendrait de faire quelque chose inssuportable aux yeux des autres qui sont présents. 

 

Ceci - [même cette expression simple de la crainte] – est qualifié de crainte;  comme Rabbi Yochanan ben Zakkai dit à ses disciples:  [11] "que ce soit la volonté de Dieu que la crainte des cieux soit sur vous comme la crainte d'un être humain". 

[Sur quoi ses disciples ont protesté:  "pas plus que cela ?!"] 

 

תדעו כשאדם עובר עבירה, אומר: שלא יראני אדם כו׳

Il a répondu que la preuve que c'est vraiment une forme véridique de crainte est comme suit ]:  "... sachez que lorsque l’homme commet une transgression, il se dit [à lui-même]:  « pourvu que personne ne me voit... ! » 

 

[Avec tant de crainte, conclut RabbiYochanan, cela assurerait l’homme de s'abstenir de fauter. 

En tout cas, nous notons que cette forme de crainte est dûment qualifiée de "crainte des cieux", dés lors que l‘homme s’écarte de la faute.

 

En conséquence, atteindre ce niveau de crainte par la méditation élève à une réalisation appropriée du commandeemnt de craindre Dieu].

 

רק שיראה זו נקראת יראה תתאה ויראת חטא, שקודמת לחכמתו

Toutefois, cette crainte est nommée « Yirah Tata'ah» [la crainte inférieure] et de « Yirat ’Heth » [la crainte de la faute], qui précède la sagesse;  [12] [c.-à-d., c'est seulement un niveau inférieur de crainte, une crainte de la transgression, plutôt qu’une crainte de Dieu lui-même],

ויראה עילאה הוא ירא בושת כו׳

alors que la crainte supérieure « Yirah ila’ah » est "une honte" [c.-à-d., l'état de confusion et de honte en présence de Dieu.] 

 

[Car la "sagesse" est un appel à la réalisation de la Torah et des Mitzvot, puisque [13] « le but ultime de la sagesse est le repentir et les bonnes actions ». Ce niveau inférieur de crainte est donc considéré comme un préliminaire à la Torah et aux Mitzvot. Et, en effet, dans cet esprit, nos Sages déclarent:  [14] "sans crainte, il n'y a aucune sagesse". 

 

Tandis que la crainte supérieure est une honte, c.a.d. un sentiment de honte en présence de Dieu.

Réciproquement, [15] cependant, nos Sages déclarent également: [14] « s'il n'y a aucune sagesse, il n’y a pas de crainte... » et cela semblerait impliquer que la sagesse précède la crainte. 

En fait il n'y a aucune contradiction entre les deux déclarations. 

 

Car il y a deux niveaux de crainte:  Yirah tata'ah, le niveau inférieur de la crainte, et Yirah ila'ah, le niveau supérieur de la crainte. 

 

Le niveau inférieur de la crainte est un préliminaire nécessaire à la "sagesse", à la réalisation appropriée de la Torah et des Mitzvot. 

Le niveau supérieur de la crainte, cependant, peut seulement être atteint après la "sagesse", c.-à-d., après l'exécution appropriée de la Torah et des Mitzvot. 

 

Par conséquent, « là où il n'y a aucune sagesse, il n'est aucune crainte (supérieure) »].

 

דאית יראה ואית יראה כו׳

Car il y a deux genres de crainte... - [le niveau inférieur de la crainte qui amène à l'accomplissement de Torah et Mitzvot, et le niveau supérieur de la crainte qui résulte de l'accomplissement appropriée de la Torah et des Mitzvot].

 

אבל בלי יראה כלל, לא פרחא לעילא באהבה לבדה, כמו שהעוף אינו יכול לפרוח בכנף אחד

Sans aucune crainte du tout, cependant, elle [c.-à-d., sa réalisation de Torah et de Mitzvot] ne s’élève pas vers les hauteurs des Suprêmes Séfirot par l'amour seul, tout comme un oiseau ne peut pas voler avec une seule aile, [16]

דדחילו ורחימו הן תרין גדפין כמו שכתוב בתיקונים

car la crainte et l'amour sont les deux ailes comme indiqué dans les Tikkounei Zohar. 

 

[Les ailes spirituelles de l'amour et de la crainte de Dieu élèvent la Torah et les Mitzvot accomplies sous leur impulsion vers les Suprêmes Séfirot, comme expliqué dans les chapitres précédents.  Quand un homme manque de crainte de Dieu et agit seulement par amour, il agit avec seulement une "aile", rendant de ce fait impossible l’ascension de sa Torah et de ses Mitzvot vers le haut]. 

 

וכן היראה לבדה היא כנף אחד, ולא פרחה בה לעילא, אף שנקראת עבודת עבד

De même, la crainte seule est une seule aile, et [son service] ne peut s’élever vers le haut, quoique que son service soit qualifié de « service d'un serviteur » [dûment motivé par crainte, ou peur],

וצריך להיות גם כן בחינת בן

parce qu’il doit également y avoir [le service caractéristique du] "fils", [c.-à-d., le service motivé par l'amour],

לעורר האהבה הטבעית על כל פנים המסותרת בלבו, שתהא בהתגלות מוחו על כל פנים

afin d’éveiller au moins l'amour latent et naturel pour Dieu qui est caché en son coeur, de sorte qu'il en prenne au moins conscience en son esprit,

לזכור אהבתו לה׳ אחד במחשבתו וברצונו לדבקה בו יתברך

pour rappeler l’amour de l'homme pour Dieu dans sa pensée, et dans son désir de s’unir à Lui. 

[Ce souvenir de son amour caché pour Dieu devrait éveiller chez lui un désir de s’unir à Lui]. 

 

וזאת תהיה כוונתו בעסק התורה או המצוה הזו

Ceci devrait être son intention en s'occupant de Torah, ou d’un commandement particulier [qu’il est sur le point d'accomplir, à savoir],

לדבקה בו נפשו האלקית והחיונית ולבושיהן כנ״ל

que son âme divine aussi bien que son âme vitale animale, ainsi que leurs "vêtements", s’uniront à Lui, comme cela a été expliquée ci-dessus. 

 

[En résumé:  le service divin d'un juif doit embrasser celui du fils qui sert son père par amour, et celui du domestique qui sert son maître inspiré par la crainte et par la peur.]  

 

Notes: 

11/ Berachot 28b. 

12/ voir l'Avot 3:9.

13/ Berachot 17a. 

14/ Avot 3:17. 

15/ voir le commencement du chap. 43, où ce sujet est traité plus en détail. 

16/ le Rebbe Shlita note que ceci ne contredit pas le commentaire du Midrash (Bereishit Rabbah 39:8, cité dans Tossafot, Shabbat 49a, Knafeha), que quand une colombe est fatiguée elle "vole avec une seule aile" indiquant qu'un oiseau peut en effet voler avec seulement une aile.  Il n'y a aucune contradiction, parce que le Midrash conclut avec les mots, "(il vole avec l’une) et se repose avec l’autre";  l'oiseau possède les deux ailes.  Ici, cependant, le Alter Rebbe décrit une situation où l'individu possède seulement un amour de Dieu et auquel manque la crainte de Dieu;  il lui manque ainsi totalement la seconde "aile".  En outre, selon le texte du Midrash et le commentaire du Matnot Kehunah, bien que la colombe vole la plupart du temps avec une aile, elle se sert également, quoique dans une 'utilisation minimale, de la deuxième aile;  même une colombe ne peut pas voler avec juste une de ses deux ailes.

 

 

Par Ba'al Hatanya - Publié dans : LIKOUTEI AMARIM - Communauté : 'Habad
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