Partager l'article ! LIKOUTEI AMARIM: Chapitre 39b: 9 Nissan Dans la précédente étude RSZ a expliqué que les âmes des justes qui serve ...
9 Nissan
Dans la précédente étude RSZ a expliqué que les âmes des justes qui servent Dieu, motivés par un amour ou une crainte réfléchis, c.à.d. un sentiment engendré par la réflexion sur la grandeur de Dieu ont le privilège d’habiter le jardin d’Eden le paradis supérieur qui est le monde de Briah. Le jardin d’Eden inférieur, le monde de Yetsirah, renferment toutes les âmes ayant servi Dieu en ce monde, par un amour et une crainte innés, c.à.d. naturel. Dans la présente étude, RSZ aborde le service divin des âmes qui résident dans Atsilout, le plus sublime des 4 mondes, où le divin est présent. Pour définir le service divin de ces âmes, il est nécessaire de mieux comprendre la nature du monde d’Atsilout
[Après avoir expliqué que Briah est la demeure des âmes qui ont servi Dieu avec l'amour et la crainte intellectuels, et Yetzirah – la demeure des âmes qui L'ont servi avec l'amour et la crainte naturels ou innés, le Alter Rebbe discutera maintenant du service divin de ces âmes dont la demeure est le monde de Atzilout. La qualité de leur service divin, explique-t’il, surpasse même celle de l'amour et de la crainte intellectuels. C'est le niveau des ces Tzaddikim qui deviennent de véritables "chariots" pour Dieu: ils n'ont aucune autre volonté que Sa Volonté, et chacun de leurs actes témoigne de leur annulation totale devant Lui].
ועולם האצילות, שהוא למעלה מהשכל וההשגה וההבנה לשכל נברא
Le monde d'Atzilout transcende l'intelligence, la capacité et la compréhension de l’intellect d’une créature [même un être spirituel dans le monde de Briah est après tout une créature, et Atzilout est au delà de son appréhension aussi bien].
כי חכמתו ובינתו ודעתו של אין סוף ברוך הוא מיוחדות שם בו בתכלית היחוד
Car la ‘Hokhmah, Binah et Daat du Ein-Sof sont unis avec Dieu [dans Atzilout] dans une unité parfaite,
ביחוד עצום ונפלא, ביתר שאת ויתר עז לאין ק׳ מבעולם הבריאה
dans une unité profonde et merveilleuse, infiniment supérieure à [l’unité] trouvée dans le monde de Briah.
כי שם ירדו להאיר בבחינת צמצום
Car en Briah ces 3 facultés sont descendues illuminer [seulement] "[contractées]" dans un degré restreint. [les ‘HaBaD de Atzilout (désigné ici sous le nom de "’HaBaD de Ein Sof") rayonnent dans Briah seulement après que leur lumière" se soit contractée],
כדי שיוכלו שכלים נבראים לקבל מהן חב״ד, לידע את ה׳ ולהבין ולהשיג איזו השגה באור אין סוף ברוך הוא
afin de permettre à l'intellect des créatures [notamment, les anges et les âmes de Briah] de recevoir les facultés ‘HaBaD - [sagesse, compréhension et connaissance depuis ces Séfirot d'Atzilout], de sorte qu'elles puissent connaître Dieu, et de sorte qu'elles puissent saisir et comprendre quelque chose de la lumière du Ein-Sof,
כפי כח שכלים הנבראים, שהם בעלי גבול ותכלית
selon le pouvoir de compréhension de l'intellect des créatures, êtres finis et limités.
שלא יתבטלו במציאותם ולא יהיו בגדר נבראים כלל, רק יחזרו למקורם ושרשם, שהוא בחינת אלקות ממש
[Pour réaliser ce but une "contraction" de facultés intellectuelles ‘HaBaD de Atzilout était nécessaire], de peur que [les êtres créés de Briah] ne se dissolvent et perdent leur existence et de peur qu'ils ne cessent tout à fait d'exister en tant que créatures, retournant à la place à leur source et leur racine, à savoir Dieu Lui-même.
[Si les facultés intellectuelles ‘HaBaD de Atzilout irradiaient le monde de Briah sans "être contractées", permettant aux créatures de Briah de saisir Dieu pendant qu'Il rayonne dans les Sefirot de Atzilout, ces créatures seraient accablées et confondues dans l'illumination divine transcendant leur capacité d'absorption, et se dissoudraient dans le néant.
Par conséquent, continue le Alter Rebbe, c'est seulement la divinité dans les facultés de ‘HaBaD "contractées" que les créatures de Briah peuvent saisir et absorber (et même là, seulement dans la limite de leurs capacités); la lumière de facultés de ‘HaBaD dans son état primitif, comme dans Atzilout, les transcende].
Dans les précédentes études RSZ a expliqué que les âmes, présentent dans le jardin d’Eden supérieur, âmes qui ont servi Dieu en ce monde, avec un amour et une crainte intellectuels, perçoivent dans le jardin d’Eden un rayonnement des attributs de ‘Habad (‘Hokhmah Binah et Daat) du monde de Atsilout. Ainsi comme RSZ l’explique présentement, les créatures sont seulement à même de percevoir le divin tel qu’Il est contracté.
והנה צמצום זה היא סבת ההארה שמאירות שם חב״ד של אין סוף ברוך הוא לנשמות אלו בעולם הבריאה
Cette contraction [que subissent les facultés intellectuelles ‘HaBaD de Atzilout afin de rayonner Dans le monde de Briah] permet ainsi aux âmes du monde de Briah d'être illuminées par un rayon de ‘HaBaD du Ein-Sof, les facultés intellectuelles de l’infini divin, [c.-à-d., les ‘HaBaD de Atzilout; c'est cette contraction qui leur permet d'avoir une certaine perception de la lumière du Ein-Sof ].
מה שאין כן באצילות, שאינם בבחינת צמצום כל כך, אי אפשר לשכלים נבראים לקבל מהן
Les créatures intellectuelles [de Briah] ne peuvent cependant pas appréhender les facultés de ‘HaBaD telles qu'elles se trouvent dans le monde de Atzilut [c.-à-d., dans toute leur intensité intacte], où les ‘HaBaD ne sont pas autant contractées [comme dans Briah].
["Dans un tel degré" - car le fait même de leur être de Séfirot (c.-à-d., individus, catégories définies) indique que ‘HaBaD sont simplement des manifestations limitées et contractées du Ein-Sof indéfinissable; le degré de contraction, cependant, est beaucoup moindre que celui de Briah, et donc les créatures de Briah ne peuvent pas recevoir l'illumination intellectuelle des ‘HaBaD de Atzilout].
ולכן לית מחשבה דלהון תפיסא שם כלל
Par conséquent, leur pensée ne peut pas saisir cela du tout, [c.-à-d., la pensée et l'intellect des créatures de Briah ne peuvent nullement saisir la lumière rayonnant dans Atzilout].
לכן הוא מדור לצדיקים הגדולים
Pour cette raison, [Atzilout] c’est la demeure des grands Tzaddikim,
שעבודתם היא למעלה מעלה אפילו מבחינת דחילו ורחימו הנמשכות מהבינה ודעת בגדולתו יתברך
dont le service divin est de loin supérieur même à la crainte et à l'amour engendrés par la compréhension et la connaissance de Sa Grandeur,
כמו שעולם האצילות הוא למעלה מעלה מבחינת בינה ודעת לשכל נברא
tout comme Atzilout transcende le niveau de compréhension et de connaissance de l’intellect des créatures.
Leur service [de ces justes] est plutôt du niveau d'un véritable "chariot" pour le Ein-Sof, l’infini divin béni,
וליבטל אליו במציאות, ולהכלל באורו יתברך, הם וכל אשר להם
[c.a.d. que ces justes sont] totalement subordonnés à Dieu, annulant leur existence même devant Lui, et se fondant eux-même avec tout ce qu’ils possèdent, dans la lumière divine,
על ידי קיום התורה והמצות
par l'observance de la Torah et des Mitzvot.
על דרך שאמרו: האבות הן הן המרכבה, והיינו לפי שכל ימיהם היתה זאת עבודתם
Nos Sages ont appliqué une telle description aux Patriarches, en disant que [6] "ils constituent eux-mêmes le chariot divin" car les patriarches étaient à ce niveau de service, tout au long de leurs vies.
[Les Patriarches étaient constamment dans un état d'abnégation devant Dieu, ce qui est décrit par le terme de "chariot". De même, dans le cas des Tzaddikim dont il est discuté ici.
Par leur Torah et Mitzvot, ils effectuent le degré le plus élevé d'abnégation et d’annulation devant Dieu en eux-mêmes et dans toutes leurs affaires.
La demeure de leurs âmes est, donc, de même dans un monde pénétré par cet esprit d'annulation, à savoir le monde d'Atzilout ].
Dans la précédente étude RSZ a expliqué que le monde de Atsilout est la demeure des âmes des grands justes dont le service divin dépasse même la crainte et l’amour qui dérive de la compréhension et de la connaissance de la Grandeur de Dieu. Tout comme le monde de Atsilout dépasse et transcende le niveau de compréhension et de connaissance de l’intellect d’un être créé.
C’est précisément ces Tsadikim, ces justes, dont le service divin tout au long de leur vie est fait avec la plus grande soumission devant Dieu comme l’ont dit nos Sages à propos des Patriarches : « les Patriarches sont le char divin », car leur soumission au divin était telle qu’ils étaient comparés à un char qui n’a aucune volonté propre si ce n’est celle de son conducteur.
אך מי ששרש נשמתו קטן מהכיל עבודה תמה זו
Mais celui dont la racine de l'âme est trop limitée pour contenir ce service parfait [du niveau du "chariot"],
ליבטל וליכלל באורו יתברך בעבודתו בקביעות
de sorte que, par son service divin dans la Torah et les Mitzvot, il soit constamment annulé et absorbé dans la lumière de Dieu, [il peut donc atteindre cet état] seulement par intermittence et [seulement] à une heure qui est propice en haut,
וכמו בתפלת שמונה עשרה, שהיא באצילות
comme pendant la prière du Shmoneh-Esreh, qui est au niveau de Atzilout.
[Les quatre échelons dans l'échelle de la prière correspondent aux quatre mondes: Les prières précédant Baruch She'amar correspondent à Assiyah; les Psaumes de l'éloge à Yetzirah; le Shema à Briah, et le Shemoneh-Esreh (la Amidah) est au niveau d'Atzilout ].
ובפרט בהשתחוואות שבה, שכל השתחוואה היא בבחינת אצילות כמו שכתוב בפרי עץ חיים, בקבלת שבת
Et particulièrement au moment des génuflexions dans [les quatre endroits indiqués dans] cette prière, [la Amida], parce que chaque génuflexion représente le niveau d'Atzilout ( [7] comme cela est écrit dans le Pri Etz Chayim, dans la section traitant de l'entrée du Sabbath),
כי היא ענין ביטול באורו יתברך, להיות חשיב קמיה כלא ממש
parce que cela [la génuflexion] représente l'idée de l'annulation de soi dans la lumière de Dieu – pour être considéré comme absolument rien devant Lui.
אזי גם כן עיקר קביעות נשמתו הוא בעולם הבריאה
[Dans le cas de l’homme qui peut atteindre le niveau d'un "chariot" seulement à des moments propices], car même à ces heures adéquates, la demeure principale de son âme est dans le monde de Briah [car nous parlons ici d’une âme liée au monde de Briah], ([7]
רק לפרקים, בעת רצון, תעלה נשמתו לאצילות בבחינת מין נוקבין, כידוע ליודעי ח״ן
et c’est seulement occasionnellement, à une heure de faveur divine, que son âme s’élévera vers Atzilout sous forme "d’eaux féminines", comme le savent les initiés en Kabbalah).
Notes:
6/ Bereishit Rabbah 47:6; Zohar I, 210b.
7/ les parenthèses étaient dans le texte original.
10 Nissan
Dans le chapitre 38, RSZ a remarqué qu’il existe 2 formes de Kavanah :
L’intention qui motive l’homme dans l’accomplissement des commandements, lesquels correspondent aux 2 catégories d’âmes dans les êtres vivants : l’homme et les animaux.
La Kavanah qui consiste en un amour et une crainte réfléchies c.à.d. résultants de la méditation de l’homme sur la Grandeur de Dieu, est comparable à l’âme d’un homme dôté du libre arbitre.
La Kavanah qui consiste en un amour et une crainte innés, est semblable à l’âme d’un animal dont toutes les émotions sont instinctives.
Pour appuyer cela, il s’est intéressé aux différentes demeures de l’âme dans le paradis, les trois mondes dans lesquels les âmes reçoivent une récompense proportionnelle à leur service divin ici-bas. Les âmes ayant servi Dieu avec l’amour et la crainte latents dans le coeur de tous les juifs, résident dans le monde de Yetsirah, un monde essentiellement sentimental. Le monde de Briah où l’intellect prédomine, est habité par toutes les âmes des justes ayant servi Dieu avec un sentiment d’amour et de crainte refléchis.
Quant au monde de Atsilout - le plus sublime des mondes – il est la demeure des âmes des grands justes ayant servi Dieu avec l’abnégation la plus totale comme les Patriarches.
Après avoir discuté les diverses "demeures" des âmes - trois mondes dans lesquels les âmes reçoivent une récompense proportionnelle au niveau de leur service divin pendant leur vie sur terre - le Alter Rebbe revient maintenant dans la présente étude au thème commencé au chapitre 38.
Là, il a noté que cette Kavanah dans les Mitzvot (qui est l' "âme" des Mitzvot) peut être classifiée en diverses catégories, correspondant aux différents niveaux de l'âme, trouvée dans les êtres vivants - les âmes des animaux, de l'homme, et ainsi de suite.
Une Kavanah qui se compose de l'amour et de la crainte intellectuels est comme l'âme volitive de l'homme; une Kavanah se composant de l'amour et de la crainte naturels, est comme l'âme instinctive d'un animal.
Pour soutenir cette argumentation, il a discuté des divers niveaux des "demeures" où les âmes reçoivent leur récompense, proportionnellement à leur service divin sur terre.
Retournant maintenant à son thème initial, le Alter Rebbe précise que à partir des niveaux variables de récompense, nous pouvons déduire les niveaux respectifs du service divin motivés par les différents niveaux de Kavanah.
Il montre qu’il est possible d’inférer le niveau de service divin de l’âme, à partir de sa récompense.]
והנה שכר מצוה מצוה
"La récompense d'un Mitzvah est la Mitzvah elle-même."
[A la différence des salaires payés à un travailleur, par exemple, qui sont pas indexé sur la nature du travail exécuté, la récompense pour une Mitzvah - c.-à-d., la révélation de Dieu éprouvée par l'âme qui a accompli la Mitzvah - est réellement le fruit de la Mitzvah elle-même; la révélation se compose d'un rayon de la lumière divine émise par la Mitzvah ].
פירושו, שמשכרה נדע מהותה ומדרגתה
Ceci signifie que nous pouvons connaître la nature essentielle et le rang [d’une Mitzvah] par sa récompense [c.a.d. par la nature de la lumière générée par la Mitzvah, et qui illumine l'âme en guise de sa récompense].
ואין לנו עסק בנסתרות
Maintenant, nous ne nous intéresseront pas aux explications des sujets cachés,
שהם צדיקים הגדולים שהם בבחינת מרכבה
c.à.d. les grands Tzaddikim qui sont au niveau du "chariot", [dont le service divin relève de la catégorie "des sujets cachés" parce qu'il dépasse notre compréhension],
רק הנגלות לנו, שאחריהם כל אדם ימשוך
mais seulement à ces sujets qui nous sont révélés, et auxquels chaque homme doit aspirer [c.-à-d., seulement avec ces niveaux de service divin qui peuvent - et doivent - être atteint par chaque juif; comme suit]:
לידע נאמנה מהות ומדרגת עבודת ה׳ בדחילו ורחימו בהתגלות לבו
L’homme doit savoir avec certitude que la nature essentielle et le rang du service divin effectué avec le sentiment de crainte et d’amour manifestes dans le coeur,
הנמשכות מן הבינה ודעת בגדולת אין סוף ברוך הוא
dérivé de la compréhension et de la connaissance de la Grandeur de l'’infini divin béni soit-Il Ein-Sof, [et de ce qu'il a été dit plus tôt que la récompense pour le service divin motivé par cet amour et cette crainte est récompensé dans le monde de Briah],
מקומה בי׳ ספירות דבריאה
[de cette récompense nous savons que] son endroit [c.-à-d., le niveau d'un tel service - des Mitzvot accomplies avec une telle motivation], se situe dans les dix Séfirot de Briah;
ועבודה בדחילו ורחימו הטבעיים שבמוחו
et le service motivé par la crainte et l'amour naturels [latents] dans son esprit [et qui ne sont pas des émotions expérimentées au niveau du coeur, mais une conscience mentale de son amour et sa crainte innés envers Dieu, et il a été dit plus tôt qu'un tel service est récompensé dans le monde de Yetzirah],
בי׳ ספירות דיצירה
[de cette récompense nous savons qu’elle] se situe dans les dix Séfirot du monde de Yetzirah.
אבל עבודה בלי התעוררות דחילו ורחימו, אפילו במוחו בבחינת גילוי
Toutefois, le service divin que l’homme accomplit sans éveiller de crainte et d’amour à un état révélé même dans son esprit,
דהיינו לעורר האהבה הטבעית המסותרת בלב, להוציאה מההעלם והסתר הלב
signifiant que le service est accomplit sans éveiller l'amour naturel caché dans le coeur de chacun, de sorte qu'il émerge des recoins cachés du coeur,
אל הגילוי אפילו במוחו ותעלומות לבו על כל פנים
pour être manifeste dans son esprit [conscient] et dans la latence de son coeur, [de sorte qu'il puisse évoquer une ferveur non passionnée, mais au moins une résolution mentale de s’unir à Dieu en accomplissant les mitzvot];
רק היא נשארת מסותרת בלב כתולדתה, כמו שהיתה קודם העבודה
si au contraire, l’amour demeure caché dans les recoins du coeur, dans son état natif, comme il était avant le service divin [quand il était sûrement caché, ne s'exprimant pas dans le service divin; si l'amour est également caché dans le coeur quand il s'engage dans le service divin, et que les mitzvot qu'il accomplit ne sont pas impregnées de cet amour, alors]
הרי עבודה זו נשארת למטה, בעולם הפירוד, הנקרא חיצוניות העולמות
- un tel service divin demeure ici-bas dans "les mondes de séparation" [8] [au niveau appelé] « l'extériorité des mondes » [9] [par opposition aux Sefirot qui sont l'aspect interne des mondes] ;
ואין בה כח לעלות וליכלל ביחודו יתברך, שהן עשר ספירות הקדושות
il (le service divin) n'a pas le pouvoir de s’élever et d'être absorbé dans l'unité de Dieu, c.à.d. les dix Saintes Séfirot,
וכמו שכתוב בתקונים, דבלא דחילו ורחימו לא פרחא לעילא, ולא יכלא לסלקא ולמיקם קדם ה׳
comme il est écrit dans les Tikkounei Zohar que "sans crainte et sans amour il ne s’éléve pas en haut et ne peut pas se tenir devant Dieu."
[comme expliqué en détail plus loin, l'amour et la crainte sont "les ailes" du service divin d’un homme; s’il lui manquant les ailes, il ne peut pas s’élever en haut. Le Alter Rebbe procède maintenant au developpement de son commentaire précédent].
Notes:
8/ note du Rebbe Shlita: "voyez plus loin, commencement du chapitre 40: il peut également être dans le monde de Yetzirah. Ceci doit être compris puisque le Alter Rebbe indique ici, `reste ci-dessous." Voir également le Kuntres Acharon."
9/ le Rebbe Shlita note: "en conséquence, le mot « les mondes » au pluriel - est maintenant compris, [comme se rapportant aux mondes de ] Assiyah et de Yetzirah."
11 Nissan
A la fin de la précédente étude, RSZ a remarqué que le service divin d’un juif, qui n’est pas accompagné d’amour et de crainte, ne peut pas connaitre d’élévation. Il souligne maintenant que cette élévation est impossible dès lors qu’un sentiment d’amour est absent. Même si le juif n’est pas animé dans son étude par des motifs de glorification personnelle ou toute autre forme de motifs égoïstes.
והיינו אפילו אם אינו עוסק שלא לשמה ממש לשום איזו פניה, חס ושלום
Et cela [cette incapacité de son service divin à s’élever aux Séfirot] s'applique même dans le cas où la motivation de son engagement dans la Torah et les Mitzvot n’est pas réellement « Shélo Lishmah » « dans son intéret propre », c.-à-d., pour un certain motif extérieur, à Dieu ne plaise, [dans ce cas on se sert réellement soi-même, pas Dieu, et son service ne peut pas s’élever "pour se tenir devant Dieu".]
אלא כמו שכתוב: ותהי יראתם אותי מצות אנשים מלומדה
[Et cela s'applique également] même s’il ressemble à ce que dit le verset, [10] "votre crainte à Mon égard était comme les commandements d’un homme que l’on faits par habitude",
פירוש: מחמת הרגל שהורגל מקטנותו
c’a.d. [que l’homme sert Dieu] par l’habitude acquise dans sa jeunesse, [11]
שהרגילו ולימדו אביו ורבו לירא את ה׳ ולעבדו
après avoir été formé et enseigné par son père et son maitre à craindre Dieu et à Le servir,
ואינו עוסק לשמה ממש
mais il ne le fait pas vraiment dans l’intérêt même de la Torah [Lishmah].
כי לשמה ממש אי אפשר בלא התעוררות דחילו ורחימו הטבעיים, על כל פנים
Car il est impossible de servir Dieu totalement Lishmah, de manière totalement désintéressée, sans éveiller au moins la crainte et l’amour naturels, innés ;
להוציאן מהסתר הלב אל הגילוי במוח ותעלומות לבו, על כל פנים
de sorte qu’ils émergent de l’état de dissimulation du coeur dans la révélation, au moins dans l'esprit et les recoins du coeur.
[Si un homme ne peut pas éveiller son amour naturel pour Dieu, au point où cet amour soit ressenti réellement en son coeur, il doit essayer, comme discuté ci-dessus, de l’éveiller au moins en son esprit conscient et et de le ressentir dans le fond de son coeur. Même cette forme d’éveil de bas niveau peut lui donner la volonté et la résolution d’étudier la Torah et d’accomplir les Mitzvot.
Ainsi, le service divin en résultant contient donc (au moins à un certain degré) la force et la Kavanah de son amour naturel, puisque c'était cet amour qui a créé la résolution qu'il met en application maintenant. Si, cependant, même cet éveil minimal et certe forme d’amour limitée fait défaut, bien qu’il soit naturellement confiné en son coeur, il n'a aucun appui dans son service divin, et il ne peut donc pas réaliser son service Lishmah, "de façon totalement désintéressée". ]
כי כמו שאין אדם עושה דבר בשביל חבירו למלאת רצונו, אלא אם כן אוהבו או ירא ממנו
Car tout comme un homme ne fait pas quelque chose pour son prochain, pour réaliser sa volonté [celle de l'ami], à moins qu'il ne l'aime ou qu’il ne le craigne,
כך אי אפשר לעשות לשמו יתברך באמת למלאת רצונו לבד
ainsi, il lui est impossible d’agir sincèrement dans l'intéret de Dieu, afin de réaliser uniquement Sa Volonté,
בלי זכרון והתעוררות אהבתו ויראתו כלל, במוחו ומחשבתו ותעלומות לבו על כל פנים
sans se souvenir et éveiller l’amour et la crainte de Dieu à un certain degré - en son esprit, sa pensée et au niveau latent de son coeur, au moins, [s'il ne peut pas éveiller ces émotions en son cœur].
[Un homme qui observe les Mitzvot par habitude, cependant, manquant même de cet éveil minimal de l'amour, ne peut pas être décrit comme partie de Dieu dans son intéret quoique son exécution soit poussée par aucun motif secret].
וגם אהבה לבדה אינה נקראת בשם עבודה בלי יראה תתאה לפחות, שהיא מסותרת בלב כל ישראל, כמו שכתוב לקמן
De plus, [l'éveil de] l'amour seulement, sans [l'éveil de] la crainte inférieur de Dieu, cachée dans le coeur juif, n’est pas qualifié de "service", comme cela sera expliqué plus tard.
[l’expression "service divin" dénote la relation d'un domestique, d’un serviteur à son maître, qu'il sert principalement animé par un sentiment de crainte, à la différence d'un enfant, qui satisfait aux souhaits de son père principalement parce qu'il l'aime.
Ainsi, lorsqu’un homme accomplit une Mitzvah par amour de Dieu seulement, sans crainte de Dieu, bien qu’il agisse en effet de manière désintéressée pour Dieu - il ne Le sert pas puisque la crainte fait ici défaut].
Notes:
10/ Yeshayahu 29:13.
11/ le Rebbe Shlita explique que RSZ emploie le mot "jeunesse" judicieusement. Etant donné qu’ il se référe à une habitude acquise quand on a vieilli (comme décrit au chapitre 15), alors il pourrait être que le « Lishmah » au départ de son service (avant qu’il ne devienne une habitude) a élevé son service aussi bien.
Ce serait semblable à rassembler des morceaux de toutes ses prières tout au long de l'année - une prière complète avec la Kavanah, qui suffirait pour élever toutes les prières de l'année entière. (voir la fin du chapitre actuel.)
Le Rebbe se demande, cependant, si le Lishmah d’un homme jeune est en effet semblable à l'exemple mentionné ci-dessus de la prière, et si c'était en effet la raison du Alter Rebbe d’utiliser le mot "jeunesse".
Le Rebbe Shlita offre donc une raison alternative. Dans le cours normal des événements les parents forment leurs enfants dans le chemin de l'observance de la Torah et des Mitzvot. Cette formation (à la différence de l'habitude irréfléchie d'un adulte à faire de bonnes actions) est louable, car le Torah nous commande: "et vous les enseignerez à vos enfants...."
12 Nissan
Dans la précédente étude RSZ a expliqué que le service divin d’un juif, pour séléver vers Dieu doit être accompagné d’amour et de crainte, même s’il n’agit pas de façon désintéressée, à des fins personnelles.
וכשעוסק שלא לשמה ממש, לשום איזו פניה לכבוד עצמו
Toutefois, lorsqu’un homme s’investit [dans le service divin] shélo lishmah pour un motif de glorification personnelle
כגון להיות תלמיד חכם וכהאי גוונא
comme par exemple afin de devenir un érudit ou pour quelqu’autre motif semblable,
אזי אותה פניה, שמצד הקליפה דנוגה, מתלבשת בתורתו
alors ce motif dérivé de la Qlipat Nogah – du mal - s’investit et se revêt dans son étude de la Torah
והתורה היא בבחינת גלות בתוך הקליפה
Et la Torah étudiée à cette fin est en état d’exil à l’intérieur de la Qlipah
לפי שעה, עד אשר יעשה תשובה, שמביאה רפואה לעולם
[mais seulement] temporairement, jusqu’à ce qu’il se repente, car [12] "le repentir apporte la guérison au monde."
שבשובו אל ה׳, גם תורתו שבה עמו
Car quand il revient à Dieu, sa Torah revient avec lui [de la Qlipah à la sainteté].
ולכן אמרו רז״ל: לעולם יעסוק אדם וכו׳ שמתוך שלא לשמה בא לשמה בודאי
Par conséquent nos Rabbis, de mémoire bénie, ont dit, [13] "un homme devrait toujours s'engager [dans la Torah et les Mitzvot, même shélo lishmah pour des motifs personnels], parce que shélo lishmah il arrivera certainement [à l’étude et l’observance] lishmah, de manière désintéressée
שבודאי סופו לעשות תשובה, בגלגול זה או בגלגול אחר
puisqu'il est certain qu'il finira par se repentir, dans cette incarnation actuelle ou dans une autre,
כי לא ידח ממנו נדח
parce que [14] "Personnne rejeté de Lui [à cause de ses péchés] ne restera rejeté " [mais se repentira finalement.]
[Le Alter Rebbe perçoit ainsi deux arguments dans l’affirmation qu'un homme doive toujours s’engager dans la Torah et les Mtsvot même shélo lishmah etc...
a/ - l’évolution du shélo lishmah au lishmah est une certitude, non une possibilité, puisque chaque fauteur finalement se repentira ( et le Alter Rebbe ajoute donc le mot "certainement" à la citation);
b/ Non seulement la personne avancera-t-elle de l'état de shelo lishmah au lishmah, mais même la Torah qu'elle a étudié shelo lishmah sera élevée, de sorte qu'elle atteigne la qualité du lishmah; car lorsqu’une personne se repent et retourne à Dieu, sa Torah "retourne" avec lui.
Ces considérations s'appliquent à une personne qui s'engage dans le service divin pour un motif extérieur, strictement shélo lishmah].
אך כשעושה סתם לא לשמה, ולא שלא לשמה, אין הדבר תלוי בתשובה
Toutefois, si un homme agit de façon neutre, ni Lishmah, de manière totalement désintéressée, ni Shélo Lishmah, pour des motifs égoïstes, alors l’élévation de sa Torah ne dépend pas de son repentir.
אלא מיד שחוזר ולומד דבר זה לשמה, הרי גם מה שלמד בסתם מתחבר ומצטרף ללימוד זה, ופרחא לעילא
Mais dès qu'il passera en revue le sujet étudié lishmah (de maniére désintéressée), même ce qu’il a étudié de façon neutre s’éléve en haut, en s'attachant et en se joignant à sa présente étude,
מאחר שלא נתלבש בו עדיין שום קליפה דנוגה
étant donné qu’aucune Qlipat Nogah, [c.à.d. aucune force du mal], n’a encore investit, ne s’est pas encore revêtu de [sa précédente étude].
[Etant donné qu’il n’était pas motivé dans son étude précédente pour des raisons égoïstes, la Torah étudiée n'est pas en exil dans la Qlipah dans le mal; il manque simplement la qualité de Lishmah. Il peut remédier à ce défaut en révisant le sujet Lishmah, de manière désintéressée].
ולכן לעולם יעסוק אדם כו׳
C’est pourquoi,, "un homme devrait toujours s'investir [même Shélo Lishmah dans l’étude de la torah... , parce que du Shélo Lishmah il parviendra au Lishmah"]
[la Torah qu'il a étudié s’élévera elle-même au niveau du Lishmah.]
[Dans ce cas-ci, cette qualité de Lishmah "vient" automatiquement dés lors qu’il révise ce qu’il a étudié; cela ne dépend pas du repentir qui n’est pas nécessaire, comme cela est le cas dans l’étude de la Torah étudiée pour des motifs personnels].
וכן הענין בתפלה שלא בכוונה, כמו שכתוב בזהר
Il en est de même avec la prière sans Kavanah, comme cela est discuté dans le Zohar. [15]
[Quand un homme prie à nouveau, cette fois-ci avec la Kavanah, la ferveur, sa prière précédente s’éléve également. Plus loin dans le Tanya, le Alter Rebbe déclare que si à partir de toutes les prières effectuées tout au long de l'année, seulement une prière entière avec la Kavanah adéquate peut être assemblée avec des morceaux (une partie de prière dite avec Kavanah un certain jour, une autre partie un autre jour, et ainsi de suite), cette une prière qui est suffisante pour élever toutes les prières de l'année entière. Car même là où la Kavanah spécifique manque, la prière est dotée d’une Kavanah complete que l’homme prie à Dieu].
Notes:
12/ cf. Yoma 86a.
13/ Pesachim 50b.
14/ cf. II Shmuel 14:14.
15/ le Rebbe Shlita note: "il semblerait que la référence est Zohar II, 245b."