Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 18:21

Chapitre 38

 

[Dans les chapitres précédents le Alter Rebbe a discuté du mérite distinctif des Mitzvot exécutées par la parole et l'action, car au moyen d'elle, l'âme vitale de l’homme est élevée vers la sainteté.  Les Mitzvot ont cette capacité car elles sont exécutées avec la puissance de l'âme vitale qui vivifie les membres physiques qui les exécutent, et avec la langue physique et les lèvres… etc. qui prononcent les paroles de Torah et des prières. 

Puisque la finalité ultime de la descente de l'âme divine n'est pour le bien de l’âme seulement mais c’est afin d'élever l'âme vitale et le corps corporel, ceci est accompli spécifiquement par les Mitzvot qui relève de l’action et de la parole]. 

 

Likouteï Amarim: chapitre 38

L'Admour Hazaken explique dans ce chapitre, la raison pour laquelle les Sages comparent la réalisation (l'acte) de la Mitsva au corps et l'intention (la Kavana) de la Mitsva à l'âme. L'Admour Hazken explique que, de la même façon qu'il existe deux niveaux d'âme chez les êtres vivants (celle des animaux et celle de l'homme), il existe également deux niveaux dans l'intention mise lors de l'accomplissement d'une Mitsva.

 

והנה, עם כל הנ״ל יובן היטב פסק ההלכה הערוכה בתלמוד ופוסקים דהרהור לאו כדבור דמי

A la lumière de tout ce qui a été dit ci-dessus [au sujet de la vertu particulière des Mitzvot exécutées dans l'action et la parole, élevant l'âme vitale vers la sainteté], on comprendra clairement la décision halahique expressément indiquée dans le Talmud et les codificateurs, [1] à savoir que la pensée n’est pas assimilée à l'articulation verbale, la parole. 

 

ואם קרא קריאת שמע במחשבתו ובלבו לבד בכל כח כוונתו לא יצא ידי חובתו, וצריך לחזור ולקרות

Ainsi, si un homme récite le Shéma dans sa pensée et en son coeur, même avec tout le pouvoir de  concentration, il ne se serait pas acquitté de son obligation [de réciter le Shema, par la seule méditation des mots qui le composent];  il doit le répéter [verbalement]. 

 

וכן בברכת המזון דאורייתא

Le même chose est vrai des actions de grâce récitée aprés les repas, [2] ordonnée par la Torah, [3]

 

[bien que la Torah n'énonce pas, en ce qui concerne l’action de grâce, comme elle le fait pour le  Shema:  "et vous parlerez ces paroles", pourtant on ne peut pas accomplir ce devoir par la seule pensée]. 

 

ובשאר ברכות דרבנן, ובתפלה

Et [pareillement avec] d'autres bénédictions, [4] [bien qu'elles soient simplement] d’origine rabbiniques ;  et encore plus avec la prière;  [5] [bien que la prière soit "un service du coeur", elle ne peut pas être confinée dans le coeur mais doit être articulée oralement.] 

 

[Le Rebbe Shlita précise que cette halakhah ne pose aucune difficulté intrinsèque, puisque l'on ne pas demander pourquoi Dieu a stipulé qu'une pensée particulière (Shema, prière, et choses semblables) doive être verbalisée, pas plus que l’on ne peut demander pourquoi la mitzvah a été ordonné. 

 

Cependant, nous devons comprendre pourquoi il en est ainsi, que lorsqu’une mitzvah se compose de parole et de pensée, la loi déclare que la verbalisation sans intention *  * permet de s'acquitter de l’obligation ;  (tandis que) l'intention sans verbalisation non  (ne permet pas de s’acquitter de l’obligation).  Pour cette raison, le Alter Rebbe développe la question, comme suit ]: 

 

ואם הוציא בשפתיו ולא כיון לבו, יצא ידי חובתו בדיעבד, ואין צריך לחזור

Si, d'autre part, un homme prononçait les mots [du Shéma, de la prière, etc...]  mais n'avait pas concentré sa pensée, il a, de facto, accompli son engagement [bien qu'il soit exigé initiallement de se concentrer], et n'a pas besoin de les répéter [avec la concentration],

לבד מפסוק ראשון של קריאת שמע, וברכה ראשונה של תפלת שמונה עשרה

excepté le premier verset du Shema [6] et la première bénédiction du Shmoneh-Esreh [7]  [pour lesquels la loi exige d'un homme de les répéter s'il ne se concentrait pas sur leur signification en les récitant]. 

 

וכדאיתא ברפ״ב דברכות : עד כאן מצות כוונה, מכאן ואילך מצות קריאה וכו׳

Il est ainsi écrit (Traité Berakhot, au début du chapitre deux):  [8] "jusqu'ici [c.-à-d., jusqu'à la fin du premier verset du Shema], la Mitzvah est la concentration, ensuite la Mitzvah consiste en la récitation...", [et on s'est acquitté de son obligation même si l’on ne s’est pas concentré]. 

 

[Comment, alors, pouvons-nous réconcilier les deux Halakhot ? 

Pourquoi la seule pensée sans parole n’est elle pas aussi acceptable que la parole sans pensée ? 

La réponse réside dans la discussion du statut unique des Mitzvot qui sont accomplies dans le domaine de l'action et de la parole, comme expliqué dans le chapitre précédent]. 

 

והיינו משום שהנשמה אינה צריכה תיקון לעצמה במצות

C'est parce que l'âme [divine] n'a pas besoin de se perfectionner par les Mitzvot;  plutôt, [le but des Mitzvot est] d’attirer [la lumière divine] pour perfectionner l'âme vitale et le corps. 

 

על ידי אותיות הדבור שהנפש מדברת בה׳ מוצאות הפה, וכן במצות מעשיות שהנפש עושה בשאר אברי הגוף

[Ceci est accompli] au moyen des lettres de la parole, que l'âme prononce au moyen des cinq organes de l'articulation verbale, et au moyen des Mitzvot actives que l'âme exécute au moyen des autres organes du corps. 

 

[Les Mitzvot mettent en jeu le pouvoir de la parole et de l’action, qui utilise la puissance de l'âme vitale et des organes du corps, et les éléve. Etant donné que le but ultime est la perfection de l'âme vitale et du corps, la seule pensée, qui relève du domaine de l'âme divine, ne peut pas satisfaire à cette demande, comme les des mitzvot qui relève de la parole; eet requierent lusage de l'articulation verbale, de praole.  La seule parole, cependant, sans la pensée, est suffisante, puisque l'âme vitale et le corps sont par là même élevés de ce fait. 

 

***

 

Depuis le commencement du chapitre 35 jusqu'ici, le Alter Rebbe a exposé l’expression « pour le faire » ou « pour le mettre en pratique » - qui est la conclusion du verset: "car cette chose (d'observer Torah et Mitzvot) est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton coeur pour que tu la mette en pratique". 

 

Il a expliqué que les Mitzvot de l'action (et de la parole, qui est également considérée comme une "action") sont d'une importance primordiale, puisque c'est par elles que nous réalisons le but de transformer ce monde physique en "demeure pour Dieu dans les royaumes inférieurs", c.-à-d., un endroit où Dieu sera révélé dans un degré encore plus grand qu'il ne l’est dans les mondes supérieurs et spirituels. 

 

Ce but sera réalisé quand l'énergie de l'âme vitale et du corps de chaque juif montera de la Qlipat Nogah vers la sainteté. 

 

Ainsi la totalité de la Qlipat Nogah – c.a.d. la vitalité du monde entier – s’élévera vers la sainteté, et automatiquement les trois Qlipot complétement impures cesseront d'exister. 

 

Ainsi, il n'y aura aucune obstruction à Dieu dans le monde;  Dieu rayonnera partout;  le monde sera une "demeure" pour Dieu. 

 

Puisque le processus entier dépend de l'élévation du corps d'un Juif et de son âme vitale, et leur élévation est accomplie seulement au moyen des Mitzvot d'action, qui exigent leur puissance dans l'exécution des Mitzvot, donc les Mitzvot d'action sont, comme on l’a dit, d'une importance primordiale. 

 

Dans la discussion qui suit maintenant, le Alter Rebbe examinera la face opposée de la question.  Il expliquera l'importance de la Kavanah - "intention" ou « dévotion » - dans l'accomplissement des Mitzvot. Utilisé dans ce contexte, le terme Kavanah se rapporte à l'intention qui motive l’homme à s’unir avec Dieu dans l’accomplissement des Mitzvot qui représentent l’ordre et la volonte divine]. 

 

אך אף על פי כן אמרו: תפלה או שאר ברכה בלא כוונה הן כגוף בלא נשמה

Pourtant néanmoins, il est dit [9] que la prière, ou n'importe quelle autre bénédiction, dite sans Kavanah, est comme un corps sans âme. 

 

פירוש:

Cette [comparaison des paroles de la prière à un corps, et de la kavanah à son âme], signifie [comme suit]: 

כי כמו שכל הברואים שבעולם הזה שיש להם גוף ונשמה

tout comme toutes créatures de ce monde possédent un corps et une âme

שהם נפש כל חי, ורוח בשר איש, ונשמת כל אשר רוח חיים באפיו מכל בעלי חיים

- c.à.d. la Nefesh de chaque être vivant, le Roua’h de toute la chair humaine, et la Neshamah de tout ce qui a le souffle de vie dans ses narines parmi toutes les créatures vivantes –

וה׳ מחיה את כולם, ומהוה אותם מאין ליש תמיד באור וחיות שמשפיע בהם

Dieu les anime toutes, et les crée constamment ex-nihilo par la lumière et la vitalité qu'il leur dispense [c.-à-d., à l'âme et au corps;  et à l'appui de son argumentation que le corps, aussi, a une force vitale provenant de Dieu (hormis l'âme), le Alter Rebbe ajoute entre parenthèses]: 

שגם הגוף החומרי, ואפילו אבנים ועפר הדומם ממש, יש בו אור וחיות ממנו יתברך, שלא יחזור להיות אין ואפס כשהיה

- car même le corps matériel, voire même les pierres et la terre qui sont absolument inanimées, [manquant même de ce signe de la vie a trouvé dans l'usine-vie, c.-à-d., croissance, - même être totalement inanimé] ont en eux la lumière et la vitalité de Dieu, de sorte qu'ils ne retournent pas au néant et à la non-existence, comme ils étaient [avant leur création.]

 

[Plus loin dans le Tanya, le Alter Rebbe explique que chaque créature retournerait immédiatement au néant absolu, s’il n’y avait en elle la force vitale divine la créant constamment, et la maintenant dans l'existence.  Ainsi, même les êtres inanimés contiennent une force vitale, et donc à fortiori, les corps des créatures vivantes]. 

 

ואף על פי כן אין ערך ודמיון כלל בין בחינת אור וחיות המאיר בגוף, לגבי בחינת אור וחיות המאיר בנשמה, שהיא נפש כל חי

[le Alter Rebbe conclut maintenant la phrase commencée plus tôt:  Tout comme dans toutes les créatures de ce monde possédant un corps et une âme], néanmoins, [c.-à-d., malgré le fait que le corps et l’âme soient semblables du fait qu’ils contiennent tous deux une force vitale divine, il n’y a néanmoins] aucune comparaison ou similitude entre la qualité de la lumière et de la force vitale rayonnant dans le corps, et la lumière et la force vitale rayonnant dans la Neshamah, qui est l'âme de toute chose vivante. 

 

[Il est axiomatique que le physique soit incomparable au spirituel (à tel point que les philosophes conviennent que la génése du matériel depusi le spirituel est la forme la plus radicale de création ex-nihilo). 

 

Le corps, étant physique, est ainsi incomparable à l'âme, qui est spirituelle. 

 

Cette différence entre eux est évidemment due à la différence entre les forces vitales divines respectives qui les créent. 

 

Le Alter Rebbe expliquera maintenant de quelle manière ces forces vitales diffèrent. 

La différence n'est sûrement pas dans des degrés variables de révélation de la force vitale divine -  dans le corps cette force vitale est dissimulée, alors que dans l'âme elle se tient révélée. 

 

A cet égard le corps et l'âme sont semblables.  Le voile de la qlipat nogah, qui obscurcit la divinité en ce monde physique dans son ensemble, enveloppe corps et âme. 

 

Par conséquent, tout comme le corps ne témoigne pas du fait qu’il est le produit de la puissance créatrice divine, de même l'âme des créatures vivantes dénie le fait que ses propriétés vivifiantes sont divines. 

 

Ainsi, la force vitale divine est cachée pareillement dans le corps et l'âme. 

 

La différence entre eux résident plutôt dans l'intensité de la force vitale divine que chacun contient:  dans le corps la force vitale est contractée, de sorte que le corps soit un être physique;  dans l'âme la force vitale est librement accordée, et l'âme est donc une créature spirituelle, se vivifiant. Dans les mots du AlterRebbe]: 

 

Notes: 

1/ Berachot 20b;  Shulchan Aruch, Orach Chayim, 62:3. 

2/ Shulchan Aruch, ibid.  185:2. 

3/ Rambam, Hilchot Berachot 1:1. 

4/ Shulchan Aruch, ibid.  206:3. 

5/ Ibid.  101:2. 

6/ Shulchan Aruch, ibid.  60:5.

7/ Ibid.  101:1. 

8/ 13b. 

9/ Shnei Luchot HaBerit, Vol. I, P. 249b.

 

3 Nissan

 

Dans la précédente étude RSZ a souligné l’importance de l’aspect spirituel des Mitsvot, la Kavanah, c.à.d. l’intention de l’homme qui accomplit une Mitsvah. Ainsi nos Sages ont dit qu’un prière ou une bénédiction prononcée sans Kavanah, sans dévotion de la part de l’homme, est comparable à un corps sans âme. Il a ensuite expliqué cette assertion de nos Sages en détails. Tout deux, le corps comme l’âme, possédent une force vitale divine. Néanmoins cette force de vie n’est pas la même dans le corps et dans l’âme. Il montre dans la présente étude, l’origine de ces différences.

 

 [Récapitulation... 

La force vitale divine est cachée également dans le corps et dans l'âme.  La différence entre eux réside, plutôt, dans l'intensité de la force vitale divine que chacun contient:  dans le corps la force vitale est contractée, de sorte que le corps soit un être physique;  dans l'âme la force vitale est librement accordée, et l'âme est donc une créature spirituelle, se vivifiant.  Dans les mots du Rebbe]: 

 

ואף שבשניהם אור אחד שוה בבחינת הסתר פנים

Certes, en termes de "dissimulation de la Face" [c.-à-d., relativement au degré avec lequel la "Face" l’aspect * intérieur* de la force vitale divine est caché], la lumière [c.-à-d., la force vitale créatrice divin] est la même dans tous les deux [le corps et l’âme - elle est également voilée dans tous les deux]. 

ולבושים שוים שהאור מסתתר ומתעלם ומתלבש בהם

Les vêtements en lesquels la lumière se cache, se dissimule et se revêt sont identiques [dans le corps et dans l'âme]. 

 

כי שניהם הם מעולם הזה, שבכללותו מסתתר בשוה האור והחיות שמרוח פיו יתברך

Car tous les deux [corps et âme] sont issus de ce monde d'où, partout [le monde et toutes ses créatures – spirituelles aussi bien que matérielles], - la lumière et la force vitale issues "du souffle de la bouche [de Dieu]" sont également cachés,

בבחינת הסתר פנים, וירידת המדרגות בהשתלשלות העולמות ממדרגה למדרגה בצמצומים רבים ועצומים

au moyen du "voilement de la Face", et par la  descente [de la force vitale] de niveau en niveau, au moyen de nombreux Tzimtzumim puissantes (contractions) à travers les divers niveaux qui constituent la chaîne successives des mondes,

עד שנתלבש בקליפת נוגה, להחיות כללות עולם הזה החומרי

pour finalement se revêtir de la Qlipat Nogah, du mal, afin de donner la vie à la totalité de ce monde matériel. 

 

[Le Alter Rebbe a ici décrit le processus par lequel la force vitale divine descend de sa hauteur d’origine divine au point où elle crée et donne la vie à la matière physique;  c.-à-d., "du souffle de la bouche de Dieu" - une réfèrence à Malkhout du monde d'Atzilout - au monde d'Assiyah matériel. 

 

Il définit diverses étapes dans ce processus:  "la descente de niveau en niveau";  "les nombreux tzimtzumim";  "Tzimtzoumim puissant";  "se revêtant de la qlipat nogah" 

 

Examinons-les individuellement: 

 

(1) "descente de niveau au niveau": 

Pour atteindre vers le bas au niveau d'Assiyah, la force vitale doit d'abord descendre depuis le monde d'Atzilut à Beriah, et de là à Yetzirah, et finalement à Asiyah.  Dans chacun de ces mondes il y a beaucoup de niveaux, et la force vitale doit descendre par eux tous avant d'atteindre le monde suivant inférieur. 

 

(2) "nombreux tzimtzumim": 

Chaque descente de la force vitale nécessite une "contraction" de la lumière et la force vitale, diminuant son intensité.  Mais la descente et les tzimtzumim seuls, peu importe leur nombre, ne rendront néanmoins pas la création possible d'être physique; la force vitale divine serait toujours à un niveau où quelque chose créé par elle serait un être spirituel, quoique d'une qualité inférieure de spiritualité. La création de la matière physique présuppose une autre condition, à savoir: 

 

(3) "tzimtzumim puissant": 

C.-à-d., tzimtzumim qui changent entièrement le caractère de la force vitale (et non seulement son intensité), au point de pouvoir créer et donner vie à l’être matériel.

 Mais même ce type de tzimtzoum ne peut pas produire un monde comme le nôtre, dans lequel il n'est pas évident que Dieu soit le Créateur, et où, en fait, les créations divines peuvent être employées en défi contre Lui. 

Ceci est réalisé seulement quand –

 

(4) "la force vitale... se revêt de la Qlipat Nogah": (et de ce fait aussi des autre Qlipot, comme cela sera bientôt expliqué). Comme défini dans le premier chapitre du Tanya, la Qlipat Nogah est un mélange de bien et de mal.  Par conséquent, ceux qui reçoivent leur force vitale de Dieu par le voile de la Qlipat Nogah  (dont s’est revêtue la force vitale) peut être utilisée pour un but saint, en servant la volonté de Dieu en exécutant une Mitzvah, ou pour un but profane, en violant Sa volonté par un acte fautif. 

 

En résumé: 

Par beaucoup de descentes et de tzimtzumim puissants, la force vitale  divine se revêt de la Qlipat Nogah, et donne de ce fait la vie à toutes les créatures de ce monde. 

 

Le Alter Rebbe distingue maintenant les objets permis et interdits. 

Les premiers reçoivent leur force vitale directement par la Qlipat Nogah;  pour que les dernier reçoivent la force vitale divine revêtue de la Qlipat Nogah, ils doivent d'abord descendre encore plus, pour être voilé dans les 3 Qlipot complètement impures.]

 

דהיינו כל דברים המותרים והטהורים שבעולם הזה, וממנה ועל ידה מושפעים דברים הטמאים כי היא בחינה ממוצעת, כנ״ל

Ceci signifie: tous les choses de ce monde qui sont permises et pures [c.a.d., ces choses qui reçoivent leur vitalité directement par l'intermédiaire de la Qlipat Nogah]; et à partir de là et à travers elle [la Qlipat Nogah], proviennent toutes les choses impures [interdites], [qui tirent leur vitalité des trois Qlipot impures; les trois forces du mal complétement impures ; pourtant leur vitalité aussi, provient de la Qlipat Nogah] puisque c'est le niveau intermédiaire [entre la sainteté (la source de toute vie) et les 3 Qlipot impures], comme mentionné ci-dessus. 

 

[Nous pouvons conclure de ceci qu'il n'y a aucune différence entre la force vitale de l'âme et celle du corps en termes de révélation ou voilement-dissimulation.  Puisque le corps et l'âme sont de ce monde, la force vitale en eux est également cachée par le voile de la Qlipat Nogah]. 

 

Néanmoins, l'illumination [divine], c.a.d. le flux de vitalité par lequel Dieu illumine et donne la vie [à toutes les créatures de ce monde] au moyen de ce vêtement [c.-à-d., la Qlipat Nogah],

אינה שוה בכולן, בבחינת צמצום והתפשטות

n'est pas la même pour elles toutes, [et la différence entre la force vitale des diverses créatures se caractérise] en termes de contraction et d’expansion. [Chez certaines créatures la force vitale est contractée et limitée, alors que en d'autres elle trouve une plus large expression.] 

 

[La différence entre la "dissimulation" (hester) de la force vitale et sa "contraction" (tzimtzum) peut être exprimée comme suit: 

 

Supposez qu'un homme accroche un rideau épais sur une fenêtre pour cacher la lumière du soleil. 

La lumière entrant dans la salle par le rideau sera d'une qualité entièrement différente;  en fait elle pourrait être décrite comme une lumière tamisée, un simple écho de la lumière originale.  C'est la "dissimulation". 

Si d'autre part, l’homme bouche avec des planches la fenêtre et laisse seulement un trou minuscule par lequel la lumière peut passer, la lumière brillant par le trou, quoiqu'énormément limitée, sera la même, qualitativement, que la lumière originale.C'est ce qui est signifié par "contraction". 

 

Ainsi en est-il en ce qui concerne notre sujet: 

Le Qlipat Nogah est le rideau épais qui voile la puissance créatrice divine également de toutes les créatures de ce monde.  Cette lumière, "tamisée par le rideau", varie cependant dans le degré de contraction d’une créature à l'autre. 

Le Alter Rebbe continue maintenant pour énumérer ces différences ]:

 

4 Nissan

 

Au cours des précédentes études, RSZ a développé l’assertion de nos Sages selon laquelle une prière sans Kavanah - sans la dévotion du fidèle – est semblable à un corps sans âme. Le corps et l’âme sont animée par une force vitale divine. Bien qu’elle soit également dissimulée dans ces deux entités, voilées par la Qlipat Nogah de ce monde, cette lumière divine est plus limitée et contractée dans le corps que dans l’âme.

 

כי בגוף הגשמי והדומם ממש כאבנים ועפר

Dans le corps physique [d'une créature vivante], et dans un corps absolument inanimé [êtres inertes] comme les pierres ou la terre, [dans lequel aucune vie ou spiritualité ne sont manifeste, puisqu'ils manquent même de la puissance de la croissance],

ההארה היא בבחינת צמצום גדול אשר אין כמוהו

le rayon [de la puissance créatrice divine] est dans un état de contraction inégalée. 

 

והחיות שבו מועטת כל כך עד שאין בו אפילו כח הצומח

Ainsi la force vitale [dans ces êtres inanimés] est si infime qu’ils leur manquent même la puissance de la croissance, la puissance végétative. 

ובצומח ההארה אינה בצמצום גדול כל כך

Dans les végétaux, le rayonnement n'est pas aussi considérablement contracté; [le phénomène de la croissance végétative indique la présence de quelque chose de plus que la simple matière physique; un certain degré de spiritualité est manifeste]. 

ודרך כלל נחלקות לארבע מדרגות: דומם, צומח, חי, מדבר

En général [toutes les choses en ce monde] sont divisés en quatre catégories:  minéral, végétal, animal et humain [littéralement, "celui qui parle"],

כנגד ד׳ אותיות שם הוי׳, ברוך הוא, שממנו מושפעים

correspondant aux quatre lettres du nom divin [le Tetragrammaton] duquel elles sont dérivées. 

[Chacune de ces quatre catégories reçoit sa vitalité de l'une de ces quatre lettres qui lui correspond ]. 

 

וכמו שאין ערך ודמיון ההארה והמשכת החיות שבדומם וצומח, לההארה והמשכת החיות המלובשות בחי ומדבר

Or, tout comme l'illumination et le flux de la vitalité présents dans [les catégories] du minéral et du végétal ne soutient aucune comparaison ou similitude avec l'illumination et le flux de la vitalité revêtus dans les animaux et dans l'homme [étant donné qu’une forme de vie est manifeste dans ces deux dernières catégories]

אף שבכולם אור אחד שוה בבחינת הסתר פנים, ומלובש בלבוש אחד בכולם, שהוא לבוש נוגה

bien que dans toutes [les quatre catégories] la lumière [vitale divine] soit la même en termes de "dissimulation de la Face" [c.-à-d., dans chacune des quatre catégories l'aspect intérieur de la lumière divine est également voilé], et en toutes [les quatre catégories, la lumière] est revêtue du même vêtement, à savoir le vêtement [c.-à-d., le voile] de la Qlipat Nogah; [par conséquent, dans aucune de ces catégories il n’est évident que leur vitalité est réellement divine - pourtant en dépit de cette égalité, la vitalité des êtres inanimés et des végétaux reste incomparable à celle des animaux et de l'homme]; 

 

כך אין ערך ודמיון כלל בין הארת והמשכת אור אין סוף ברוך הוא, שהוא פנימיות רצונו יתברך, בלי הסתר פנים ולבוש כלל

De même, il n'y a aucune comparaison ou similitude possible entre l'illumination et le flux de la lumière du Ein-Sof – l’infini divin béni – c.à.d. l'aspect intérieur de Sa volonté, sans "le voilement de la Face" et sans aucun vêtement –

המאירה ומלובשת במצות מעשיות ממש. וכן במצות התלויות בדבור וביטוי שפתיים בלי כוונה, שהוא נחשב כמעשה ממש, כנ״ל

tel qu’il brille et est revêtu dans les Mitsvot d’actions - si c’est une action réelle – ainsi que dans les Mitzvot qui relève de la parole et de l'articulation verbale qui sont considérées comme l'action réelle comme mentionné ci-dessus – lorsqu’elles sont accomplies sans Kavanah. 

 

לגבי ההארה והמשכת אור אין סוף ברוך הוא המאירה ומלובשת בכוונת המצות מעשיות

[L'illumination du Ein-Sof trouvée dans ces Mitzvot ne posséde aucune similarité ou comparaison] avec [l'illumination supérieure] et le flux de la lumière de l’infini divin Ein-Sof qui illumine et est revêtue dans la Kavanah la dévotion des Mitzvot pratiques,

שהאדם מתכוין בעשייתן כדי לדבקה בו יתברך על ידי קיום רצונו, שהוא ורצונו אחד

signifiant l'intention de l'homme de s'attacher avec Dieu en accomplissant Sa volonté [exprimée sous la forme des Mitzvot], puisque Lui et Sa Volonté sont Uns. 

 

וכן בכוונת התפלה, וקריאת שמע וברכותיה, ושאר הברכות, שבכוונתו בהן מדבק מחשבתו ושכלו בו יתברך

De même en ce qui concerne la Kavanah dans la prière, la lecture du Shéma et les bénédictions, et dans les autres bénédictions, où, par sa Kavanah, l’homme attache sa pensée et son intellect à Dieu.

 

 

Par Rabbi Schnéour Zalman - Publié dans : LIKOUTEI AMARIM - Communauté : Chabad
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